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   ANNEE 2005



DECEMBRE



LE MIROIR

"Miroir, dis qui est la plus belle?"
(La marâtre de Blanche Neige
Et bien des femmes après elle
Prisonnières du même piège).

Après que le plaisir m'ait saoulée de ses fêtes
Miroir, toi qu'on ne trompe pas, toi qui me voit
Telle que le matin m'a surprise et défaite
Et que la volupté m'ait pliée sous ses lois,

Ne va pas ébruiter mes souvenirs d'alcôve,
Garde entre toi et moi les secrets de ma nuit,
Ne mets plus sous mes yeux ces vastes cernes mauves
Ni l'affreuse terreur de la vie qui s'enfuit.

Miroir, garde enfermé dans ta prison de verre
Les fins cils noirs griffés, en creux, près de mes yeux,
Le rose trop bleuté qui teinte mes paupières
Et l'argent qui commence à hanter mes cheveux.

Tu es mon confesseur terrifiant et farouche
Je t'avoue mes péchés car j'ai confiance en toi,
Vois, l'ardeur des plaisirs pèse au bord de ma bouche
Ne t'en va surtout pas le chanter sur les toits.

Miroir, sois indulgent, sois généreux, tamise
L'éclat de ta lumière, essaie d'être galant,
Fais semblant d'ignorer que là, sous ma chemise,
Sur mon cour presque neuf, s'incline un sein tremblant.

Et que sournoisement aux trois plis de mon ventre
Qui pour Vénus semblait la beauté accomplie
L'alpha et l'oméga, l'infini et le centre
Commence à s'ajouter un quatrième pli.

Entre nous ces secrets de faux Polichinelle
N'iront guère plus loin que la fin de la nuit,
Je sais que je commence à être un peu moins belle,
Je veux, pour quelques temps, qu'il ne le voit pas, lui.

FRANCINE BALURIAU

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BALADE DANS LE JARDIN D’EDEN
( Hommage à Gustav KLIMT )

Paisiblement, dans la liberté de l’espace infini des plaisirs du paradis terrestre, le temps s’était suspendu pour laisser les multiples fruits, aux formes colorées du bonheur, s’accoupler dans les cieux. Dans le silence du firmament, retentissait comme une mélodie amoureuse dans les astres, l’appel suppliant d’ADAM aux portes du jardin d’EDEN, pour connaître à nouveau l’offrande précieuse, de la délicieuse sève d’EVE, qui s’éveille et se lève avec le soleil, en tournant dans l’euphorie de ce bal voluptueux, où règne les plénitudes sensuelles.

Sans artifice, dans les prémisses de la vie qui frémissent et glissent : Vole, vole ma petite fleur d’interdit, mystérieux brin d’amour, belle virginité naturelle du péché aux milles parfums. . .

Emporte-moi encore dans les champs d’ivresse, où les visions charnelles envoûtent mon âme qui se perd et se fond, dans ton sourire énigmatique aux douceurs angéliques.

Baignons-nous nus et sans retenue, dans les fleuves d’huiles parfumées et de pierres précieuses ; Irriguons nos sens de sa générosité, profitons des grâces et des charmes de la divine nature.

Avec allégresse, caresse lentement mon corps, avec ta douce et rousse chevelure de lumière. Apprivoise et façonne ma chair, pour que la complexité de la poussière sacrée de nos êtres ne fasse plus qu’un.

Partons, courons, fuyons sur tout les chemins où l’amour est roi, découvrir et écrire les plus belles lois charnelles, où indéfiniment l’aquarelle et le pastel se mélangent, sous le regard des anges, avec l’enchantement du pinceau qui ébauche et chevauche nos corps, dans la lumière de nos sentiments originels.

Ma princesse, ma déesse, enchaînons-nous enfin pour l’éternité, aux délices foudroyants de l’arbre de vie, regardons les ombres chimériques se séduire, danser et enfanter nos rêves sous de fines pluies d’or, dans les vents de l’extase, à l’immortalité féconde . . . .

Délicatement, les fertiles allégories aux chatoyantes couleurs, dans l’air aphrodisiaque se touchent, se couchent, puis se découvrent, et s’ouvrent en résonnant dans les profondeurs du bonheur, tout en les ensorcelant pour se fondre et s’effeuiller librement, dans l’arc-en-ciel du désir de la vie, où repose la naissance du souffle léger, de toutes les promesses éternelles de l’Amour . . .

REIVILO

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SOMBRE FORET VIERGE

Nous rampâmes le long des bords ronceux
de notre sombre forêt vierge,
à travers d'épais buissons d'orties,
à travers bardane et chardons piquants,
jusqu'à ce que nous gagnions ce lacis épineux,
ce bosquet de roses sauvages,
qui perça notre peau tendre
et qui fit perler une rosée pourpre de fentes
fraîches que nous excitâmes férocement.

Extasiés par notre audace lascive,
nous supportâmes notre douleur
avec une grâce insoumise.

Ceux que nous avions laissés, perdus
d'amour pour nous, si aveugles,
ne nous trouveraient jamais
dans ce retors de tiges barbelées.
Nous savions à quelle perversité nous allions
risquer nos âmes isolées
et nous nous couchâmes,
balafrés mais sans vergogne,
sur cette argile humide et ombrée.

Seuls avec notre désir adultère,
nos offenses maintenant immunisées
contre la morale usée des sots.

Nous bûmes ainsi d'une soif insatiable
aux coupures béantes de l'autre,
puis nous nous embrassâmes,
nos lèvres ruisselant de notre sang
douceâtre mêlé. Son bouquet
sanguin pénétrait la brume
et tandis que nos corps blêmes
refroidissaient l'obscurité,
nous lapâmes les dernières gouttelettes
au son du bois qui se mourait.

Oh, quelle mélodie sauvage sur laquelle s'étourdir,
parmi les ombres furtives et sacrilèges
de notre sombre forêt vierge.

JAY BLACK - Copyright - Poète anglais-canadien (Traduit par Sandra Chiancone)

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FANTASMES

Des jambes dérobées des robes qui s’envolent
Dévoilent d’un coup d’œil en coup de vent les cuisses
Qu’abandonne le charme au regard qui le vole
Jusqu’à la hanche et fuit dans le soleil complice,

Des seins que l’on devine inventés par l’Artiste
Paraissent endormis comme un fruit paresseux
Où pointent la prunelle et celle de mes yeux
Et mille autres désirs un peu plus fantaisistes.

Du ventre qui faufile au fil des pas l’ardeur
Des guetteurs d’horizons, des chevaliers de l’ombre
Se découvrent des vals et des monts de moiteur
Ondulants au fatras des cheveux de pénombre,

Des caprices d’ivresse et de brusques ondées,
Je tournoie de vertige et m’emporte aux nuées,
Chère Madame et douce on dirait qu’il fait clair
Et me noie dans l’exquis parfum de votre chair !

PHILIPPE MARGUET

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EN BRAILLE

Nocturne et ultime heure
aux soupirs mélodiques de senteur
parfumée, songes épiés
occultant les douleurs bas-ventrées,

courent les doigts, sens lents,
à deux mains qui abrogent le temps
des monts plaines et vallons,
tactilement, sensuellement, par don.

Paysages embrasés par une chaude nuitée,
découvrance espérance me perds en vos contrées.

Ainsi parle sans voix,
à elle ... nue sous le drap

HERVE LE BERRE

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ÉROTIQUES

On sentait sa peau brûler,
on sentait l`air bouillonner,
feux, flammes, incendies
dans les yeux incandescents;
les mains saisissaient le désir,
on la goûtait pleinement,
on la buvait d`un trait,
on oubliait de respirer,
on se ruinait tout doucement
dans l`extase du vol des papillons …

ALEXA LAVINIA (Roumanie)

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ODE

Tendre, majestueux et distingué
L’intrépide m’est totalement dévoué
Lorsque je l’empoigne avec ardeur
Il s’anime puis tremble de peur

Guidée par mon élégant partenaire
Je m’adonne à des plaisirs ludiques
C’est alors que j’omets d’être pudique
Ce singulier appétit semble lui plaire.

Virulent lorsqu’il me pénètre
La fripouille savoure mes organes
Je plains les chastes prêtres
J’ai décidé d’être profane.

Lorsqu’il se glisse entre mes cuisses
Chaque muscle s’émoustille
Nul besoin de prémices
Droit dans mon foutre il se faufile.

La bête s’acclimate immédiatement
Je ne puis plus le contrôler
La jouissance est imminente
Ce héros m’a bouleversé.

Ah mon éternel compagnon
Que j’apprécie ta compassion !

VANESSA FRERE
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NOVEMBRE



AUTRE MARQUISE

Vous me trouvez trop vieux, Marquise, sans raison,
L'âge qui me poursuit me rattrape avec peine
Car, bien que mes cheveux aient la pousse incertaine,
Mon pied est toujours sûr, mon oeil est toujours bon.

L'âge qui vous effraie m'a rendu plus vertueux
Et plus compréhensif pour l'âme féminine,
Mon esprit est plus fort et ma pensée plus fine,
Je suis plus généreux, plus doux, plus affectueux;

Plus juste, plus rangé, plus franc, plus cohérent
Plus apte à obéir, et avec plus de zèle
Plus habile à aimer, plus ouvert, plus fidèle,
Plus digne, plus concret, plus gai, plus tolérant.

Plus conscient des devoirs, des contraintes, des lois,
Plus dévoué aux amis, aux idées et aux choses;
Plus capable de voir la beauté d'une rose
Et de discipliner l'ardeur de mes émois.

J'ai plus de retenue, plus d'ordre, plus de soins
Je suis plus indulgent, plus délicat, plus tendre,
Plus digne, plus serein, plus patient pour attendre,
Plus fortuné aussi... J'ithyphalle hélas moins.

ANDRE CARDEILHAC (Hors concours - Lauréat du mois d'octobre 2005)

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JE VOIS TES BRAS

Je vois tes bras tendus vers moi,
Ils m’enveloppent de tendresse infinie,
Je vois une larme dans tes yeux éblouis
Elle descend le long de ta joue veloutée,
Ma langue la ramasse avec suavité.

Je vois tes admirettes sur mon corps
Me laissant être celle qui te raidis,
J’essuie ce papillon venu de Linga
Ce nectar qui fleurie tout mon incarné.
Pour un temps d'ivresse embellie

Je sens tes mains qui me cajolent
De ma tête blanche à mes dures fesses.
Elles ont trouvé mon entrejambes
Me conduisant au Temple de la soûlerie.
Pour y jouer de la viole de gambe.

PAULINE HERROUX (Hors concours - Lauréat du mois de septembre2005) (Québec)

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MISE EN S’AIME


De l’armoire des secrets de la tendre intimité,
Soigneusement pliées, les pièces de tissu inanimées,
Aux couleurs chatoyantes viennent sans cesse nous éblouir,
Et font naître de l’enchantement du cœur, la joie de s’unir
Lorsque de la tête aux pieds, l’éphémère artifice t’a transformé
Alors tu deviens pétillante de désirs, par ce corps sublimé !

Mystérieux et voluptueux jeux de l’âme,
Où les sentiments et les tensions s’égarent,
Quand en cachette, méticuleusement tu te prépares
Pour qu’ensemble, dans nos actes on se pâme.

Parfois, simplement vêtue d’une belle et légère parure,
Qui théâtralise et embelli les charmes de ton allure,
Avec comédie tu dissimules ta précieuse et sauvage perle divine.
Face à mes approches, recherchant toujours ses parfums d’églantine,
Délicatement protégée et enfouie, dans les délicieux plis de sa toison,
Où souvent fleurit la source de mes inspirations, à chaque saison.

Ou bien complètement déguisée, avec ton regard enjoué,
Dès que le mot Amour s’échappe, du coin de ta bouche,
Tu annonces d’un sourire fougueux, le prélude à jouer,
En imaginant déjà, l’endroit de notre future couche.

Mais avant de se livrer, à cette enivrante bataille,
Ton corps, rentre lentement dans la magie de la danse,
Tournant dans les champs d’étoiles, pour nos suaves retrouvailles,
Bercées par le doux bruit de son armure de dentelle et de connivence

Les chorégraphies du désir, se cherchent, s’affrontent et avec audace,
Se dévoilent, s’enchaînent, se bousculent, se soulèvent, puis s’enlacent,
En devinant la profondeur de l’instant unique et fécond de la matière.

Mais quand dans l’affolement, mes mains prisonnières
Se retrouvent coincées, dans les mailles de ta guêpière,
Alors nos cœurs amoureux s’offrent, se nouent et s’embrasent,
En s’abandonnant entièrement aux multiples lèvres qui s’embrassent,
Avec passion, dans un plaisir infini, pour une symphonie d’éternité !

OLIVIER MENARD

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(NOS) RETROUVAILLES

Que deviens tu belle pucelle
As tu enfin connu l’amour
Je pense à toi à ta blancheur
Tes mots prudents et ta candeur
Qui fut l’élu l’heureux athlète
Qui chevaucha ta blanche croupe
Je le vois lui plein de pudeur
Son corps tremblant tout en sueur
As tu aimé l’instant sacré
Qui te fis femme en un instant
Aux yeux des hommes tel des enfants
Devant un jouet de leur âge
Que dirais tu ma douce amie
De nous revoir tous deux enfin
J’ai des poèmes pour tes oreilles
Des vers nouveaux à fleur de peau

BENOIT BASTIDE

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AVEC TES MAINS

Avec tes mains,
Tu me caresses,
Lentement…
Tu suis les formes de mon corps,
Et graves sur ma peau une tendresse éternelle.
Tes doigts dansent sur ma poitrine,
Et sous la magie de tes gestes apparaît un baiser.
Peau contre lèvres,
Je sens ton souffle pénétrer ma chair
Et t’offre mon corps contre ta fidélité
Tu souris,
Je ferme les yeux et murmure :
Amour.

CHLOE MERIGUET

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FRUITS DEFENDUS

C’était un très vieux mur une vieille maison
Un tas de pierres sèches éboulées sans raison
Le figuier maintenant lui faisait un appui
Les figues attendaient alourdies alanguies
Me voici sur le mur juché en équilibre
Ecartant de la main les branches restées libres
J’entends l’essaim bruyant les abeilles qui rôdent
Plongeant dans l’inconnu entre les feuilles chaudes
Caressant chaque fruit velouté et fragile
Ouvrant leur chair humide épanchée et docile
Qui cède sous mes doigts livrant son sirop roux
Inquiète de mes gestes jalouse tout à coup
Tu voyais tout d’en bas leurs postures lascives
Devinais leurs rondeurs frémissantes captives
T’inquiétant Pas plus haut quand je tentais bien pire
Avant de t’obéir Un dernier fruit Sourire
Me voici près de toi vainqueur pour tes yeux verts
Pour le prix de tes lèvres et de ton regard clair
A ta bouche mes doigts de ma bouche à la tienne
Le panier était plein la confiture mienne

PASCAL LEBRET

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BONSOIR BOURGEON D'AMOUR

Jolie montée de vie, dans les rayons du soleil couchant !
Balbutiement de pluie tiède, murmure de douceur dans mes mains
Touche de velours femme sur les heures solitaires du pénitent !
Frémissement de feuilles dans l’éclat sanguin du jour qui meure !

Brûlure, souvenir de chair bonheur éveillée par
La douceur humide d’un profond baiser !

Caresse de femme appétit goûtant le pain chaud …
Souhaitant la tiédeur onctueuse !
Douce requête faite au ciel de l’amant obole
Puisée à sa terre retroussée !
Reptile gestuelle imposée à ma chair,
Vivant un trop court instant l’animale existence … du jouir
Sauvage gestuelle toute étrangère à la chorégraphie
De nos quotidiens moments de mort.

Confondre le roulement et la glisse
Juste avant de … devenir fou !
Sentir s’enfuir mon vouloir, ma pensée
Juste avant que Dieu … ne me sourie !
Laisser passer la vie, l’espace d’un soupir
Et le train de ta fringale !

Frémissent de feuille …
Dans l’éclat sanguin
Du jour qui meurt !
Touche de velours femme
Sur les heures du pénitent !
Balbutiement de pluie tiède
Murmure de douceur dans mes mains !
Jolie montée de vie ! Dans les rayons du soleil couchant.

Bonsoir bourgeon d’amour

DOMINIQUE FERRAND

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A Vladimir Nabokov

LOLITA

Fallait-il que l’été, trop belle
Enfant, fût d’azur engorgé
Et qu’au tilleul mûr assiégé
D’abeilles, nos songeries d’ailes
Fussent pourvues, comme hirondelles,

Pour qu’aux (1)brûlances de ce mois,
Reniant tes manières d’infante
En jeux que l’innocence invente
Tu m’offrisses, sous ton harnois,
Vaincue, tes nubiles émois.

Sésame, ô terre hospitalière !
Ouvre-toi, me reconnaissant !
Mes doigts, sur ce mont pubescent,
Erraient, impudents condottieres.
Miellées, tes moiteurs axillaires

Fleuraient, haleines de nymphées
Humées aux boucles paresseuses
De tes bras relevés. Joueuse,
Dessus ton buste dégrafé
L’ombre empreignait ta peau café

Des mille ocelles des panthères,
Clairs-obscurs furtifs l’émouvant,
Et, ta gorge se soulevant,
Tel qu’un fauve se désaltère
Je lapais ton jeune mystère,

Ivre de ce philtre ingénu.
Sur ta planète adolescente
Tu m’initiais – (2)flexe mutante,
Toute de fougue contenue -
Aux arcanes de ton corps nu

Mais (3)t’insouciais, ô passe-rose
Ouvrant son calice au matin,
Des noirs auspices du destin
Te prédisant, à peine éclose,
L’inéluctable anamorphose.

GUY VIEILFAULT ( 1*Découvert chez Charles Peguy - 2*Brûlances Chez Rimbaud - 3*Création personnelle)


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DESSOUS

Sans dessus dessous
Envers et contre toi
Nue dans tes dessous
Synopsis pour moi
Ursule, de ta moue
Ayons feu de bois
L'âtre semble roux
Il est alors parfois
Très infiniment doux
Et suave d'être soie

BRUNO BOULAIS

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OCTOBRE



CUNNILINGUS (poésie d’amour)

De ta longue robe où je ne ferai qu’un pli
Tombant sur ton dos comme une douce caresse,
Sur tes flancs sur tes reins cette senteur d’ivresse
Que ma langue tendrement enlace avec envie.

Sur tes seins sans soucis s’en vont sous d’autres ciels
Mes pensées perdues et mes désirs absolus,
Galbe cambré sur tes souliers talons, corps nu,
Je touche au parfait, sang du Christ, ivoire et miel.

Je glisse entre tes creux heureux entre tes fesses,
Brûle l’interdit aux calices des diablesses,
Je bois la vie, jus de moiteur, sirop d’eau claire,
Ce ruisseau qui coule au fond de ma gorge amère !

J’y sens monter les feux des enfers et des fièvres,
Mange à ta bouche et la chair rose et puis tes lèvres,
Ce bouton d’or fleuri qui roule en mon palais ;
Dieu que c’est bon ma belle et Dieu que ça me plait !

PHILIPPE MARGUET
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ERRARE

Par erreur j'en conviens
J'ai pénétré tes reins
Par la petite porte !
Que le Diable m'emporte !
Mais que pouvais-je faire ?
Il n'y a qu'en enfer
Et nulle autre contrée
Où je ne veuille entrer.

Je ne choisis jamais
L'endroit où je la mets !
D'où elle entre ou ressort
N'est pas de mon ressort.
Quand elle se fait vouivre
Il me faut bien la suivre.
Comme l'eau qui dévale
Ne choisit pas le val
La grotte ou la fissure
Mais s'infiltre c'est sûr
Dans le moindre interstice
D'un élan subreptice.

Elle est ainsi happée
Sur les bords escarpés
Des mondes souterrains
Qui fourmillent en tes reins.
C'eut été bien commode
Si des gastéropodes
Elle avait les yeux noirs
Vifs et ambulatoires,
Ardents, exhorbités,
Sur des cornes plantés.
Mais je n'ai pas, je sache,
Pour m'aider dans ma tâche,
Et à l'extrémité,
Sur le bout de mon dard
Comme un petit radar.

Pourquoi faire un scandale
De cette erreur caudale ?
Quand tu vas à l'église
Est-ce que la prêtrise
S'en va vociférer
Que tu n'es pas entrée
Par l'allée principale
Et que c'est anormal
Pour une eucharistie,
Mais par la sacristie ?

Dieu sera-t-il fâché
Et sera-ton lynché
Ou pendu haut et court
Pour l'erreur de parcours ?
Ah non c'est trop cruel
D'autant que la ruelle,
Du moins me semble-t-il,
Avait d'autres reptiles
Reçu l'ardent hommage,

Mais a postériori
Je ne suis pas marri
A parler franchement
De cet égarement
Non point sans agrément.

JEAN-LOUIS BLONDE

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ARDEURS …

Tu es de mes aurores et de mes crépuscules,
Aussi long soit le jour, tu vis en mes pensées.
Aux songes de mes nuits, telle une libellule,
De tes ailes légères, tu me souffles un baiser.

Ces jours où je te vois et qui se font trop rares,
Mon cœur endimanché ne se sent plus de joie.
Mes lèvres se font douces, les tiennes se séparent,
Et en un long baiser, s ‘éveillent nos émois.

Envahis d ‘un Amour, parcourus d ‘une ivresse,
Mon désir et le tien, dès lors ne font plus qu ‘un,
Ma main cherche ton sein qui se tend et se dresse
Sous ce tissu léger de soie ou de satin …

Je ne te veux encore qu’à peine dévêtue,
Juste un peu de désordre semé à tes atours.
Ce n est qu’un peu plus tard que je te verrai nue,
Si douce est cette attente qui précède l ‘Amour !

Ton corsage est ouvert sur tes formes divines,
Ta jupe est remontée au plus haut qui se puisse.
Ma bouche, tour à tour, prend tes pointes mutines,
Tandis que de ta main, tu me guides à ta cuisse.

Durant un long baiser où se cherchent nos langues,
Tes jambes lentement, s ‘ouvrent à mes caresses.
Il n est pas temps encore d’aller à ce triangle,
Il nous faut prolonger l ‘attente de l ‘ivresse.

De mes doigts je te frôle, sur cette peau si douce,
A quelques millimètres de ce velours intime,
Tournant et retournant sans que je ne le touche,
Amenant nos désirs au point le plus ultime

JACQUES DUC
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LE PLANISPHERE

Quand, jeune enfant, j'allais à l'école primaire,
Il y avait, au mur, un très beau planisphère
Savamment dessiné dans deux cercles tangents.
A droite, semblant faire une sorte de ronde
L'Australie, l'Antarctique et le vaste ancien monde,
A gauche, l'Amérique et le Grand Océan.

Mais je ne voyais pas ces couleurs bleues et vertes.
Ces lignes, ces pays, montraient, en pure perte,
Leurs contours, leurs reliefs et leurs roses des vents ;
Par contre, j'y voyais l'image tentatrice
Des magnifiques seins de mon institutrice
Qu'elle portait somptueux, généreux et mouvants.

Mon esprit effaçait ce qui n'était pas elle :
Les continents, les méridiens, les parallèles,
Je gardais simplement les cercles souverains
Et je reconstruisais, dessus, des demi sphères
Des lignes voluptueusement imaginaires :
Petits cercles de bistre, éminences d'airain.

C'est ainsi que, malgré le temps et les paroles,
Sur les cartes, je vois toujours des aréoles
Larges, ornées du brun d'un bouton olympien
L'une, à gauche, centrée près de l'Ile de Pâques
Et, lascive et néo-tectonique des plaques,
L'autre occupant le tiers de l'Océan indien.

ANDRE CARDEILHAC

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L'ABANDON

Une femme brune, à la fin du printemps,
Au coucher du soleil devant moi s'étendit,
Déployant tout son corps bien qu'il s'en défendît,
Pour se mettre à l'abri, hors du lieu hors du temps.

Elle se voulait offerte, et toute à son sourire,
Bien que l'anxiété brilla dans son regard,
En lutte avec l'amour qui vaincrait tôt ou tard,
Dans le tourbillon fou des âmes qui chavirent.

Les bras dessus la tête, et les deux mains croisées,
Elle sourit un peu, étonnée que son corps
Sommât à son esprit ce qui serait son sort,
Ce soir : amante malgré elle, et dévoilée.

Les cheveux en broussailles étoilés sous les bras,
Elle s'est abandonnée et son charme s'accroît.
Ce corps sous le satin bientôt trouvera roi,
Mais nul ne sait ce qui vraiment adviendra.

Les paupières closes aux cils noirs allongés
Témoignaient l'abandon d'un visage angélique
Au petit nez mutin, à la bouche magique,
Dont les lèvres vermeilles attiraient le baiser.

Elle affichait une réserve virginale.
Sous le tissu nacré, ses petits seins tremblants
S'élevaient, s'abaissaient, au rythme pantelant
D'une respiration saccadée, anormale.

La ceinture nouée sur la nuisette blanche
Resserrait le tissu sur une taille étroite,
Et dessus les cuisses qu'elle a longues et droites,
Rebondissaient, électrisées, ses rondes hanches.

Elle gardait les pieds joints, timides et menus,
Et ses mollets galbés, ceux d'une ballerine,
Conféraient à ses jambes une allure divine.
Tout son être en sommeil me criait : mets-moi nue.

PHILIPPE RENDAX

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ORGASME

Dans la chaleur d’un souffle
Les mains longent les corps
En sentant du bout des doigts
Les mouvements oscillatoires de l’amour

Par de gracieux mouvements
Ils sentent leurs muscles se gonfler de tendresse
Dans un flux de mots inspirant le paroxysme
Deux regards à la croisée du sublime

Dans le parfum de la vie
Arôme exaltant enivrant
Odorats et regards pénétrants
Au plus profond de leurs désirs

Les cheveux dans le vent d’un élan
Les corps suintent de désir
Naît alors de cet art
La complicité de ne faire qu’un entier

MARCEL GRENON

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LA FIANCEE

Il fait nuit tout le jour, et lorsque vient le soir
De bar en bar, traînée, je veux gorger ton sang
D'ivresse, souiller ton visage si décent
Pour que tu n'aies de goût que boire encore et boire

Encore. - Verse, amie. Enchaîne mes faiblesses.
De coupe en coupe, astreins mes vices à tes envies.
Chavire-moi d'alcool, j'oscille et l'oeil dévie.
Mes veines incendiées t'appartiennent. - Viens, laisse

Ta chair lasse à mes soins. J'ôterai tes guenilles
De soie. Je coucherai ton corps. Tu seras fille
Des rues entre mes bras. Oui, tu seras putain.

Bercée de caresses, elle ne m'entend plus... Dors
Que j'étanche ma soif... Son sexe si hautain
S'abandonne une nuit, pour quelques pièces d'or.

LUNE

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PLAISIR

Du bout des lèvres te réveiller
Parcourir ton corps en un baiser
Susciter doucement le désir
Ta peau sous mes doigts frémir

Découvrir encore une fois
Ton désir s'accentuer
Tes mains de soie
Doucement me choyer

Attiser nos âmes
Vers une danse charnelle
Embraser la flamme
Que nos corps se mêlent

S'incendier sous l'étreinte
S'arquer de plaisir
Se susurrer des plaintes
Se créer un empire

S'épanouir dans la moiteur salée
De nos corps essoufflés.
Epuiser d'amour
Volupté glamour.

ANGELINA BABILLOT
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SEPTEMBRE



MA BELLE PUCELLE

Je ne pensais pas encore, en regardant cette aquarelle,
Au magnifique et surprenant, couché de soleil,
Que je devrais conquérir, un jour cette tendre citadelle.

En traversant tant de monts et de merveilles !
Pour qu’elle devienne, à chaque fois plus sensuelle,
Avant que l’amour naisse de notre premier éveil.

On se séduisait, sans utiliser le moindre manuel,
Pour que naturellement, ses sentiments de jeune fille,
Décident le moment venu, d’être les plus solennels,
Pour laisser échapper leurs délicieux parfums de vanille.

Il fallait encore attendre, qu’elle choisisse,
De quitter l’adolescence et ses souvenirs de marelle,
Pour qu’elle s’abandonne, librement et qu’elle jouisse,
En m’offrant son précieux, hymen de jouvencelle !

Pour me séduire, elle se para de mille dentelles !
Avec lenteur et tendresse, je parcourais son corps,
En façonnant timidement, les moindres parcelles,
Pour reposer délicatement réjoui et ébloui à son bord !

Je n’oublierais jamais, cet intime cadeau d’elle,
Que j’ai pleinement rempli, en la faisant femme,
Et devenir après l’amour, toujours plus belle !

Après chaque étreinte, grandissait la flamme,
Qui la transformerait bientôt, en mère hirondelle,
Lorsqu’elle donnerait la vie, à une nouvelle âme !

OLIVIER MENARD

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JEU T'AIME

Viens belle diablesse noire d'ombre
Que je garde pour moi ton corps
Viens fée sensuelle et sombre
Sois prisonnière que j'explore

Douce femme alambiquée
Je veux te voir presque nue
Debout et les yeux bandés
Offerte, princesse absolue

T'entendre de plaisir gémir
Te voir de désirs frémir
T'oindre de ma langue
Boire le thé à la mangue

Voir enfin tes seins durcir
Et ton ventre entretenir
Ce plaisir de gente dame
Que le roi aimé affame

Sois ma déesse soumise
Partage ces variations
De ma douce convoitise
A ma totale admiration

BRUNO BOULAIS

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MEMOIRE QUAND TU NOUS TIENS !

Ça y est j’ai oublié

J’ai oublié ton corps
Serré contre le mien
La moiteur de ta peau
La pointeur de tes seins
Cette bouche gourmande
Qui croquait dans ma vie
Et cette langue avide
Qui enroulait la mienne
Au fond de cette nuit
Où tu te faisais mienne

Oublié de nos yeux
Le silencieux dialogue
Qui faisait à l’amour
Un langoureux prologue
J’ai oublié aussi
Que tu étais ma femme
Et que nos cœurs
Brûlaient tous deux
D’une synchrone flamme

Ça y est j’ai oublié
Enfin je veux le croire
Afin que pour une fois
Je puisse dormir ce soir.

ALAIN DARRAS

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BAS

Tu aimes savoir que je porte des bas...
Tu rêves de sentir la douceur de mes cuisses,
Le long de mes jambes où tes mains glissent...
Quel sublime prélude à nos futurs ébats.

Même s'ils sont de nylon,
Même ni courts ni longs,
Il va bien sur de soi
Que la douceur de ma peau
Mérite bien la soie
Qu'alors le doux s'allie au beau.

Que les premiers sous tes doigts crissent,
Que les seconds sur mes jambes plissent,
Il y a toujours cette zone à la lisière
Dont la couronne se nomme jarretière.
Si sensible à tes caresses,
Si tant cible de tes baisers,.

Et entre deux jarretelles,
Attirant ta bouche et ton oeil,
Remplissant mon esprit d'étincelles,
Mon triangle d'or noir parfumé, le seuil
De l'entrée vers mon âme pure éternelle
Qui recrée dans ton cœur, mes dentelles.

EMMA THERY








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