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JE TE VOIS TOUTE
Claire ô sombre souveraine
Viens t’épancher te répandre
Que la grâce que tu déchaînes
Nous embrase de feu de cendres
Rebelle des îles lointaines
Entre tes lèvres doux volcan
Je bois l’eau de ta source pleine
D’amour tendre de sentiments
Dans tes yeux je plonge je baigne
Touche le fonds de l’océan
Ton eau de vie brûle m’imprègne
Je te bois toute goulûment
Sous ton suc j’aspire l’amande
Douce qui coule entre mes dents
Ton ventre s’élance redemande
Ouvre-moi encore en-dedans
Pluie d’étoiles dans ton halo
Tes paupières battent papillonnent
La lumière vient de ce berceau
Où ton plaisir luit tourbillonne
Je te vois toute au fond des yeux
Tes pupilles dansent d’espérance
D’un tourment qui montre ton jeu
Dévoile des atouts sans défense
Je te vois toute rouge du vice
Qui se glisse en conscience
Dans la parure blanche du lys
La pureté et l’innocence
Je te vois toute je devine
Les pointes rosées de tes seins
Sous le fil des pensées coquines
Pressées de rouler sous ma main
Je te vois toute sous les hanches
Gardiennes pleines d’un aveu
Balance-moi tu déclenches
Ce que j’attends ce que tu veux
Je te vois toute ouverte intense
Offerte à mes sens ravis
De goûter en pleine puissance
A celle que j’aime épanouie.
PATRICK CARRE (France)
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SONNET dit des Origines du monde*
Nymphes qui défendez les secrets de cet antre,
Laissez voir ce doux fruit, en sa jeune rondeur,
Gonfler et se durcir, chaud d'une rouge ardeur,
Quand le feu du désir en dévore le centre.
Humide vallon creux oùsque nul soleil n'entre.
Qu’un bois touffu enclôt, ah, la grisante odeur,
Minou, enseigne-moi tes ourlets de splendeur,
Et que sur eux tendant mon nerf je me concentre !
Il reçut, cet hymen, l'honneur de jolis nœuds !
On vit en cet endroit de grands corps caverneux
Heurter sur ce rempart leur poids de préambule !
Quoi nymphette, tu pleures ? Azur pur de souci,
Juste ciel ! D’un effort franchi le vestibule,
Pan, le grand Pan, s'élance en un éclaboussis.
Pastiche, d’après Adoré Floupette
RENÉ TERNOY (France)
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SOIERIES EN SOI
Elle a sa peau huilée,
Douceur des seins ambrés,
Et mille reflets dorés
Se plaisent à la parer…
La fraîcheur des zelliges
Apaise le feu du corps,
Et c’est un pur vertige,
Pour elle, d’aimer encore…
Le lotus et le miel,
Seules parures de la belle,
Embaument les draps de soie,
Frissons sous ses longs doigts…
Ses lèvres ourlées d’envie,
Gourmandes et colorées,
Laissent s’échapper des cris
Sous son plaisir donné.
Les coussins cramoisis
De garance revêtus,
Se creusent, doux et ravis,
Sous les vagues du corps nu.
Son doigt glisse et dessine
Mille arabesques en flamme,
Puis s’arrête et butine
La perle fine du lingam.
Onguents, musc et santal,
Effluves de miel nacré,
Livrèrent un bien grand bal
Erotique et poivré.
ANNSUN' (France)
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CROISIERE EROTIQUE
De ma plume gorgée,
En cette nuit étoilée,
De l’encre inépuisée,
Sur ton corps de fée,
Glissant en plein et délier,
Mes mains sous le voile laissant briller de ses feux la voie lactée sur ton corps dénudé,
Sur le pont au sommet de la vague te laissant pénétrer de cette douceur parfumée,
Bientôt envahie d’embruns fouettant légèrement ta peau au délicieux goût salé,
De la proue à la poupe balancée par le tangage l’étreinte suave te fait vibrer,
Les battements de ton cœur se font sourds ton souffle vient de s’accélérer,
Soudain tu cherches de ta main la barre mais la houle t’a déboussolée,
La lame s’engouffre envahissant en cet instant ton être embrasé,
Baignée par le soleil levant tu t’es une fois encore abandonnée,
Assouvie ton cri perce le silence de cette nouvelle journée.
REMY LEVRAUT (France)
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EST-CE UN REVE
J'ai encore le goût de ta peau sur ma langue
Le rêve de cette nuit aux doux parfums de mangue
Les caresses coton, les frolement de soie
Nos chevauchées toniques, les abandons de soi
Tous ces tendres moments reviennent à mon esprit
Tes longs cris de jouissance au moment ou tu pris
Tout mon corps contre toi, tout ton plaisir en moi
Me laissant pantelant et frissonant d'émoi
Mes yeux s'ouvrent et ma réalité est près de moi
Ses yeux sont encore clos mais pas longtemps ma fois
Qui pourrait résister à mes caresses dis moi...
PHILIPPE CORREC (France)
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LE TRIANGLE NOIR
Dissimulé sous une fragile soie garance
Le couvrant à demi d’un voile arachnéen,
Il m’apparaît à travers cette transparence
Lui faisant moins obstacle que délicat écrin.
Objet de mon désir et de ma déraison,
Lisse fourrure soyeuse à la teinte d’ébène,
Tout comme Jason allant conquérir la Toison
Je pars avec douceur à l’assaut de la tienne.
La peau frissonne et ondoie sur ton ventre tendre
Lors que mes doigts contournent la barrière de soie,
Enfin, tel le Phénix renaissant de ses cendres,
Emerge le noir blason cause de mon émoi.
J’écarte sa corolle et trouve la perle rare,
Doux bourgeon à peine éclos, que ma bouche aspire,
Comme une source vive à laquelle je viendrais boire,
Faisant courir en toi une onde de plaisir.
O profondeur humide qui fait le monde tourner,
Dans sa partition j’y jouerais toute la gamme,
Si tu t’abandonnes, tu connaîtras désormais
Que de cette caverne j’en possède le sésame.
Triangle noir dont j’adule la géométrie,
Soyeux et délicat ornement de ton ventre,
De ton corps, ma brune, il en complète l’harmonie,
Laisse moi, ma douce, envahir son épicentre.
JAMES GELLIER (France)
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L’HUILE
Tu es l’huile, la première et l’extrême onction
Ma petite mort, tu t’insinues de partout, tu infiltres
Ma peau, la dores, la bronzes, hâlée je repose allongée sur le ventre.
Les veines des tempes enflées par l’orgasme
Et le sexe éclaté, tu disparais, tu t’égouttes,
Tu me goûtes, tu me lèches,
Me suces, me manges et me digères.
Derrière un Thé à la menthe : je te laisse
A nouveau investir mes secrets.
Au bord de l’eau tu me masses,
Tu pénètres mes fantasmes,
Flottes sur l’eau.
Tu es comme une huile, douceur, fraîcheur,
Tu coules sur tout mon corps,
Tu pimentes mes jours, mes nuits,
Met chaleureux : je te laisse me croquer dans l’entrée.
Dans le désert, me laissant seule et désireuse avec ma boîte
A fantasmes, mon crâne défait par tant de caresses.
Les cheveux décoiffés, l’emploi du temps désorganisé,
L’espace d’une minute, tu as fait partir
Le Temps et le sablier
En fumée
VICTORIA VALTES(France)
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